La multinationale française de grande distribution, Auchan, a annoncé vouloir supprimer des centaines d'emplois en France. L'enseigne a présenté mardi à ses représentants du personnel un projet de plan social menaçant 2 389 emplois en France, via notamment la fermeture d'une dizaine de magasins, a rapporté la presse locale.
Le distributeur, qui compte 59 000 salariés en France, prévoit ainsi de supprimer 784 postes au sein de ses sièges et 915 postes dans des magasins, outre la suppression de 224 postes due à l'arrêt prévu de l'activité de livraison directe à domicile, et la suppression de 466 autres postes engendrée par la fermeture d'une dizaine de points de vente non rentables.
Présente au Sénégal depuis 2014, la marque française propriété de la famille Mulliez s’est développée à vive allure en s’implantant fortement à Dakar et dans les grandes agglomérations proches de la capitale sénégalaise. En 2023, elle revendiquait près de 2300 collaborateurs sénégalais, environ 600 fournisseurs sénégalais et un millier de prestataires locaux.
Mais une plus grande expansion de ses activités a pu être compromise par les nombreuses attaques subies par l’enseigne en marge des manifestations socio-politiques qui ont traversé le pays entre 2021 et 2024.
Si des mesures de licenciements de personnel n’ont pas été annoncées comme conséquences des pertes engrangées durant près de 4 ans, par contre Auchan a brandi en juin 2023 le chômage technique pour quelques centaines de travailleurs.
Alors que la situation politique au Sénégal s’est normalisée depuis l’élection présidentielle de mars 2024, Auchan Sénégal pourrait-elle subir les contrecoups des turbulences sociales de la maison mère française ?
ELO Groupe, la holding regroupant entre autres Auchan, avait affiché au premier semestre 2024 une perte de près d'un milliard d'euros et la direction, qui avait aussitôt prôné "une réaction forte", avait annoncé, en juillet dernier dans un communiqué, "la réduction moyenne de 25% des surfaces de vente" de ses hypermarchés.
En mars dernier, l'agence de notation S&P Global Ratings avait abaissé la note d'ELO de BBB-/A-3 à BB+/B, faisant basculer la dette de l'entreprise en catégorie "spéculative" et signalant "des incertitudes majeures" sur la capacité de la holding à faire face à ses échéances. [IMPACT.SN avec AA]