Le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a déclaré que la condamnation de Marine Le Pen qui l’empêche à ce stade de concourir à la présidentielle de 2027, ’’n'est pas une décision politique mais judiciaire’’.
‘’La justice n'est pas politique, cette décision n'est pas une décision politique mais judiciaire, rendue par trois juges indépendants, impartiaux’’, a insisté mardi l'un des deux plus hauts magistrats de France, en réaction aux critiques contre la condamnation la veille de la cheffe de file de l'extrême droite.
Cette décision ‘’a été rendue conformément à la loi, en application de textes votés par la représentation nationale’’, a ajouté le procureur général près la Cour de cassation sur la radio RTL, qualifiant ‘’d’inadmissibles’' les ‘’attaques très personnalisées contre des magistrats et les menaces qui peuvent faire l'objet de poursuites pénales’’.
Les termes utilisés par Marine Le Pen la veille sur TF1 sont ‘’totalement excessifs’’, a réagi le haut magistrat. Et d'ajouter : ‘’La décision a été rendue au terme d’un procès qui a tout d’un procès équitable, à la suite d’un débat contradictoire qui a duré deux mois, une instruction qui a duré des années’’. ‘’L’Etat de droit a été totalement violé’’ par ‘’une décision politique’’, avait estimé Marine Le Pen lundi soir lors de son passage au JT de TF1.
Le haut magistrat s’est dit choqué que la présidente du tribunal qui a rendu la décision soit placée sous protection. La magistrate bénéficie d’une protection, notamment des rondes autour de son domicile, après avoir reçu des menaces, selon Le Monde.
Concernant le procès en appel, Rémy Heitz a précisé que la question de savoir s’il pouvait se tenir avant la présidentielle 2027 relevait de la cour d’appel de Paris. ‘’Techniquement, c’est probablement possible, c’est à examiner, à voir en fonction du calendrier judiciaire’’, a-t-il déclaré, ajoutant que les dates seraient connues ‘’probablement assez vite’’.
C’est par un délibéré de 152 pages que le tribunal de Paris a argumenté sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, devenu Rassemblement national (RN) en 2018.
La justice a reconnu Marine Le Pen coupable, lundi 31 mars, de ‘’détournement de fonds publics’’, prononçant à son encontre une peine proche de celle requise par le parquet, soit quatre ans de prison dont deux ferme, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui l’empêche à ce stade de concourir à la présidentielle de 2027.
Vingt-trois autres personnes ont été condamnées, ainsi que le parti Front National (FN) devenu RN. Le montant total des détournements s'élève à 4,4 millions d'euros, dont 1,1 déjà remboursé. [AA]