Le président burundais Évariste Ndayishimiye a annoncé la tenue des législatives le 5 juin 2025 dans un décret dénoncé le 7 décembre 2024 par les proches de l'opposant historique Agathon Rwasa, qui le jugent « taillé sur mesure » pour « l'exclure »...
Agathon Rwasa a été évincé une première fois en 2010 de la tête des Forces nationales de libération (FNL), son parti de l'époque. Il est alors remplacé par un proche du parti au pouvoir, sous la supervision du ministre de l'Intérieur de l’époque, Edouard Nduwimana. Mais Agathon Rwasa crée à quelques mois des élections générales de 2015 une coalition d'indépendants, qui sort deuxième d'un scrutin contesté pour ses nombreuses irrégularités.
Le parti CNDD-FDD au pouvoir profite ensuite du référendum constitutionnel de 2018 pour mettre en place « son piège », selon des proches de Rwasa : la nouvelle loi fondamentale du Burundi interdit désormais toute coalition d'indépendants. Elle interdit également aux cadres démissionnaires ou exclus d'un parti de se présenter aux législatives comme indépendants avant un délai de deux ans.
Agathon Rwasa ne se décourage toutefois pas : il crée un nouveau parti, le Congrès national pour la liberté (CNL) qui arrive deuxième aux législatives très décriées de 2020. Mais, rebelote : l'ancien chef rebelle est écarté encore une fois de la tête de sa nouvelle formation, en mars 2024, à 14 mois des législatives de 2025.
Sans parti politique, ne remplissant pas les conditions exigées pour être candidat indépendant, le principal opposant burundais et ses lieutenants ne pourront pas se présenter aux législatives de juin prochain, se réjouissent leurs ennemis. Mais tout n'est pas perdu assure un proche de Rwasa, sans vouloir entrer dans les détails. [RFI]