Au total 21 militaires burkinabè impliqués dans le coup d’Etat de septembre 2015 ont bénéficié d’une grâce amnistiante, selon un décret en date du 24 mars 2025 signé du président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré et rendu public dimanche soir.
Le décret indique que les 21 militaires faisant l'objet de condamnation ou d'une poursuite judiciaire pour des faits commis en septembre 20215 ont bénéficié de la grâce amnistiante.
"Les effets et conséquences de la grâce amnistiante sont les même que ceux de l'amnistie en vertu des dispositions de la loi n°15/61/AN du 9 mai 1961du 9 mai 1961 réglementant l'amnistie en Haute -volta", selon la même source.
Fin décembre 2024, l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso a adopté un projet de loi portant amnistie et conditions d’octroi de la grâce amnistiante aux auteurs – essentiellement des militaires - du coup d’Etat de septembre 2015.
Les autorités burkinabè avaient expliqué que cette loi visait à permettre aux soldats impliqués dans les faits du coup d’État manqué des 15 et 16 septembre 2015, et qui font preuve d’"engagement" sur le théâtre de la lutte contre le terrorisme, de profiter de la faveur de la grâce amnistiante.
Les 15 et 16 septembre 2015, alors que le Burkina Faso s’apprêtait à organiser des élections devant mettre fin à la période de transition entamée après la chute de l’ancien président Blaise Compaoré, des militaires proches de ce dernier et conduits par le général Gilbert Diendéré tentaient de prendre le pouvoir par a force.
Une quinzaine de morts et plus de 250 blessés ont été enregistrés lors de ces évènements.
Plus de 80 personnes, majoritairement des militaires et des hommes politiques, ont été poursuivies et condamnées en 2019 par le Tribunal militaire pour des faits relatifs à l’atteinte à la sûreté de l’Etat et autres infractions connexes.
Au total 63 personnes dont les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, accusés d’être les principaux instigateurs du coup d’Etat, avaient été condamnés.
Diendéré condamné à 20 ans de prison ferme est toujours détenu en prison alors que Bassolé (10 ans de prison ferme) vit en exil en France.
Le ministre de la Justice et des Droits humains, chargé des Relations avec les institutions, Garde des Sceaux, Rodrigue Edasso Bayala avait déclaré au Parlement que plus d’une trentaine de personne avaient déjà fini de purger leurs peines et ont rejoint leurs unités ou services d’origine où ils contribuent efficacement aux opérations de reconquête du territoire. [AA]