Les habitants de l’Etat de Rivers, dans le sud du Nigeria, riche en pétrole, étaient sont sur le qui-vive depuis le 19 mars avec l’instauration de l’état d’urgence par le gouvernement fédéral pour mettre fin à des mois de luttes politiques intestines et qui plonge le pays dans une incertitude constitutionnelle.
La région du delta du Niger, d’où est extrait le pétrole du pays et qui est en proie à la violence des gangs et aux pillages d’oléoducs, est essentielle à l’économie du premier producteur de pétrole du continent. Alors que les rues de la capitale régionale, Port Harcourt, étaient calmes mercredi, les habitants s’attendent à une forte présence militaire dans les jours à venir après la suspension du gouverneur et de la législature locale ordonnée la veille par le président Bola Tinubu.
La lutte pour le pouvoir qui a commencé fin 2023 entre le gouverneur suspendu, Siminalayi Fubara, et son prédécesseur, Nyesom Wike, a donné lieu à des tensions qui ont paralysé l’Assemblée législative de l’Etat, alors même que la région est régulièrement confrontée à des attaques contre les installations pétrolières. MM. Wike et Fubara appartiennent tous deux au principal parti d’opposition, le PDP, le premier ayant appuyé la candidature du second pour lui succéder au poste de gouverneur.
Mais les velléités d’indépendance de ce dernier ont rapidement dégénéré en crise politique d’ampleur. Le président Bola Tinubu, qui avait auparavant négocié un accord de paix avorté entre les deux hommes, a déclaré mardi dans un discours national qu’il était « troublé » par la « crise politique ».
Dans une réprimande cinglante à l’encontre de M. Fubara, il l’a accusé de complicité dans le vol de pétrole et les attaques contre les infrastructures...Il a nommé dans la foulée Ibokette Ibas, un ancien chef de la marine à la retraite, comme administrateur de l’Etat pour une durée de six mois. [Le Monde avec AFP]