Le président américain Donald Trump s’est dit « très énervé » et « furieux » contre son homologue russe Vladimir Poutine sur le dossier ukrainien et a menacé d’imposer de nouvelles taxes sur le pétrole russe, selon une entrevue accordée dimanche à la chaîne NBC.
« Si la Russie et moi ne sommes pas capables de parvenir à un accord pour mettre un terme au bain de sang en Ukraine, et je pense que c’était la faute de la Russie […], je vais imposer des droits de douane secondaires sur tout le pétrole qui sort de Russie », a averti Donald Trump, dans un changement de registre majeur vis-à-vis de Moscou alors qu’il veut mettre un terme à trois ans de conflit en Ukraine.
Ces droits de douane supplémentaires de 25 % pourraient intervenir à « n’importe quel moment », selon le président américain qui prévoit de parler dans les prochains jours à Vladimir Poutine.
Selon la journaliste de NBC, Kristen Welker, le président américain l’a appelée pour lui faire part de sa colère concernant les commentaires de Vladimir Poutine sur le futur de Volodymyr Zelensky à la tête de l’Ukraine.
« J’étais très énervé, furieux » contre Poutine, lui a dit Donald Trump, selon elle.
Le président russe a en effet évoqué l’idée d’une « administration transitoire » pour l’Ukraine, sous l’égide de l’ONU, afin d’organiser une élection présidentielle « démocratique » dans ce pays, puis négocier un accord de paix avec les nouvelles autorités.
Washington, qui veut obtenir à tout prix un cessez-le-feu en Ukraine, a effectué un rapprochement spectaculaire avec Moscou ces dernières semaines, faisant craindre aux Ukrainiens et aux Européens un accord sur leur dos.
Sous pression américaine, Kyiv avait accepté une cessation sans conditions des combats, pour 30 jours, rejetée depuis par Moscou.
La Russie a accepté uniquement un moratoire sur les sites énergétiques, bien plus limité mais Moscou et Kyiv s’accusent mutuellement de le violer.
Trump menace l’Iran de « bombardements »
Durant cette entrevue, le président américain a averti qu’« il y aura des bombardements » en Iran si les négociations en vue d’un accord sur le nucléaire iranien échouaient.
« S’ils ne signent pas d’accord, il y aura des bombardements », a assuré Donald Trump à la chaîne NBC dans une déclaration succincte sur l’Iran, avec lequel les États-Unis n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980. Les deux pays n’ont que des échanges indirects par le biais de l’ambassade de Suisse à Téhéran, qui représente les intérêts américains en Iran.
Des responsables américains et iraniens se « parlent », a également affirmé Donald Trump, sans préciser la nature des discussions. Il a évoqué dans la même entrevue la possibilité d’imposer de nouveaux droits de douane à l’Iran.
Le président américain, qui assume d’exercer depuis son retour à la Maison-Blanche une pression maximale sur Téhéran, avait déjà prévenu vendredi que « les choses vont mal tourner » pour l’Iran en l’absence d’accord.
Le milliardaire républicain avait retiré avec fracas les États-Unis d’un accord international avec l’Iran lors de son premier mandat, en 2018, mais se dit désormais ouvert au dialogue pour encadrer les activités nucléaires iraniennes.
En parallèle, Donald Trump a renforcé sa politique dite de « pression maximale » à l’encontre de l’Iran, avec des sanctions supplémentaires et la menace d’une action militaire en cas de refus de pourparlers.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a souligné cette semaine que la position de son pays restait « de ne pas négocier directement (avec les États-Unis) sous la “pression maximale” et les menaces d’action militaire ». « Mais les négociations indirectes, telles qu’elles ont existé dans le passé, peuvent se poursuivre », a-t-il ajouté. [AFP]