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Plainte contre le Groupe Bolloré pour recel et blanchiment de onze organisations de la société civile africaine

Lundi 24 Mars 2025

Diagne Fodé Roland
Diagne Fodé Roland

Voilà ce qu’on lit dans le Courrier International du 19 mars 25 : « Une plainte panafricaine “inédite” déposée contre le groupe Bolloré, pour recel et blanchiment (par ) Onze ONG d’Afrique de l’Ouest (qui) auprès du parquet national financier (PNF) à Paris... réclament “la restitution de fonds issus d’activités illicites commises” dans leurs pays et dénoncent les conditions dans lesquelles le groupe a obtenu des concessions portuaires ». 

 

Ce collectif dirigé par Jean-Jacques Lumumba, petit fils du père de l’indépendance de la RDC, s’est donné pour nom « Restitution Afrique (RAF) » accuse le groupe du milliardaire Bolloré « de recel, mais surtout de blanchiment dans ses activités portuaires dans plusieurs pays, le Togo, la Guinée, le Ghana, le Cameroun et la Côte d’Ivoire » et « réclament la restitution de fonds issus d’activités présumées illicites commises par groupe Bolloré Africa Logistics... des 5,7 milliards d’euros issus de la vente de Bolloré Africa Logistics (qui gérait les principales concessions portuaires des cinq États de l’Ouest africain) à l’armateur italo-suisse MSC en 2022 ».

 

Déjà il faut signaler que « dans le cas des ports de Lomé (Togo) et Conakry (Guinée), la justice française, déjà saisie depuis 2013, soupçonnait le groupe Bolloré d’avoir utilisé les activités de conseil politique de sa filiale Euro RSCG (devenue Havas) pour aider frauduleusement les campagnes présidentielles 2010 de Faure Gnassingbé et Alpha Condé, au bénéfice d’une filiale phare de l’époque, Bolloré Africa Logistics. Le groupe a négocié un accord en vertu duquel il s’est acquitté d’une amende de 12 millions d’euros contre l’abandon des poursuites. En revanche, le parquet financier a requis en 2024 un procès pour corruption et complicité d’abus de confiance contre Vincent Bolloré » (idem).

 

On lit dans la presse des historiettes « people » sur les frasques françafricaines d’une gravité extrême pour les peuples d’Afrique et de France de cet impérialiste « ami des présidents africains ».

 

Détenteur du « groupe publicitaire Havas, puis du groupe Canal+ et de la chaîne tout info I-Télé (qui deviendra CNews en 2017)… la SFP, il a acheté la chaîne de télévision Direct 8, rebaptisée depuis C8, puis un journal gratuit, Direct Matin, devenu CNews en 2017, le deuxième quotidien national avec 2,2 millions de lecteurs », le milliardaire Bolloré s’est ainsi taillé une part de lion parmi les 9 milliardaires propriétaires de la quasi-entièreté des empires de presse en France (tv, radio, écrite, etc). Ces chaînes se sont spécialisées dans la banalisation de la parole raciste, la négrophobie, l’arabophobie, l’islamophobie, du génocide israélien en Palestine, etc. La presse impérialiste est devenue une fabrique de la fascisation en cours de la démocratie bourgeoise en crise comme le disait l’écrivain communiste Bertolt Brecht.

 

L’État bourgeois dictatorial combine toujours violence d'État et conditionnement idéologique par la presse, l’école, la culture, la pub, etc.

L’argent pour s’offrir ces moyens de communication a été engrangé par le pillage des richesses et l’exploitation des travailleurs de l’enclos néocolonial français de la zone coloniale CFA.

 

Le journalisme d’enquête ou la recherche historique devrait pouvoir éclairer les lanternes des peuples sur les propriétaires connus ou inconnus de la presse en Afrique au-delà d’éventuels prête-noms.

 

Le silence des médias d’Afrique sur les mouvements d’activistes de la diaspora pour décoloniser les musées des métropoles coloniales françaises et européennes et pour débaptiser les rues et places portant les noms des criminels de la traite puis l’esclavage des noirs et de la conquête colonial doit cesser. Il en est de même des luttes pour l’égalité des droits de nos diasporas immigrées et de leurs organisations.

 

Il est important que la presse africaine informe l’opinion publique africaine sur la plainte contre Bolloré et/ou les « biens mal acquis » de chefs d’état. Les luttes de la diaspora, celles des victimes du racisme, de la négrophobie, de l’arabophobie, de l’islamophobie, des révoltes des quartiers populaires, des sans papiers, sont parties prenantes des luttes de nos peuples et doivent trouver un écho dans nos presses nationales et panafricaines. Le silence médiatique assourdissant sur les combats de la diaspora africaine est vécu comme une indifférence et donc fait de la diaspora des « citoyens entièrement à part ».

 

Tous nos encouragements à l’initiative du Collectif de la société civile panafricaine qui a porté plainte contre la prédation impérialiste incarnée ici par Bolloré. Les mouvements anti-racistes, antifascistes, anti-colonialistes et internationalistes en France et dans l’UE sont invités à se mobiliser pour soutenir l’action judiciaire en cours.

 

Le travail politique panafricain doit être renforcé et développé pour unifier la capacité de mobilisation panafricaine de la diaspora. En effet, chaque mobilisation contre l’injustice dans un de nos pays ou visant une communauté particulière doit devenir l’affaire de tous.

 

C’est ainsi que nous construirons un pont entre les luttes de libération nationale et panafricaine en Afrique et les luttes anti-raciste de la diaspora pour l’égalité des droits ainsi qu’avec les luttes des travailleurs et des peuples dans les pays impérialistes. Notre devise doit être « prolétaires de tous pays et peuples opprimés, unissez-vous ! ».

24/03/25

Diagne Fodé Roland

 
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