Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis lundi une « riposte ferme » de l’Iran si le pays était bombardé, comme l’en a menacé le président américain Donald Trump, en cas d’échec de la diplomatie sur la question du nucléaire.
« Ils menacent de faire des dégâts […], si c’est le cas, il y aura assurément une riposte ferme » de l’Iran, a déclaré Ali Khamenei lors d’un discours à Téhéran à l’occasion de la fin du ramadan, le mois de jeûne pour les musulmans.
Le dirigeant iranien, au pouvoir dans la République islamique depuis 1989, n’a fait aucune mention explicite de Donald Trump mais son allocution apparaît comme une réponse aux menaces du président américain.
M. Trump a assuré dans un entretien à la chaîne américaine NBC publié dimanche qu’« il y aura[it] des bombardements » en Iran en l’absence d’un accord sur le nucléaire iranien. « S’ils ne signent pas d’accord, il y aura des bombardements », a-t-il insisté.
En signe de protestation, l’Iran a indiqué lundi avoir convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de Suisse à Téhéran, qui représente les intérêts américains en Iran.
« Un chef d’État qui menace ouvertement l’Iran de “bombardement” est un affront choquant à l’essence même de la paix et de la sécurité internationales », a réagi pour sa part le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, sur le réseau social X.
« Les Américains ont au moins 10 bases dans la région autour de l’Iran, et ils ont 50 000 soldats », a mis en garde le général Amir Ali Hajizadeh, commandant de la Force aérospatiale des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran.
Missiles à portée
« Quelqu’un qui se trouve dans une pièce en verre ne devrait pas jeter la pierre à qui que ce soit », a menacé lundi à la télévision d’État celui qui a la responsabilité du programme balistique de l’Iran.
Le Qatar, séparé de l’Iran par les eaux du Golfe, abrite la plus grande base militaire des États-Unis au Moyen-Orient.
Les pays occidentaux soupçonnent depuis des décennies Téhéran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. L’Iran rejette ces allégations et affirme que son programme n’existe qu’à des fins civiles, notamment pour l’énergie.
Le pays avait conclu en 2015 un accord avec les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, Russie, États-Unis, France et Royaume-Uni) et l’Allemagne pour encadrer ses activités nucléaires.
Mais en 2018, au cours de son premier mandat, Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord de manière unilatérale et rétabli les sanctions américaines.
Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, il se dit désormais ouvert au dialogue avec Téhéran, et a écrit une lettre en ce sens aux dirigeants iraniens.
L’Iran a indiqué jeudi avoir formulé une réponse à cette lettre par l’intermédiaire du Sultanat d’Oman.
Lettre et « pression maximale »
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé lundi que les États-Unis avaient reçu ce courrier.
« Nous avons eu l’information par nos amis d’Oman de l’arrivée à destination de la lettre qui a été lue », a déclaré M. Araghchi à la télévision iranienne.
Donald Trump a en parallèle renforcé sa politique dite de « pression maximale » à l’encontre de Téhéran : sanctions supplémentaires pour réduire à zéro ses exportations de pétrole et ses sources de revenus et menace d’action militaire en cas de refus de pourparlers.
L’Iran et les États-Unis n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980. Les deux pays échangent toutefois indirectement par le biais de l’ambassade de Suisse à Téhéran. Le Sultanat d’Oman a également joué un rôle de médiateur dans le passé, et le Qatar dans une moindre mesure. La lettre de Donald Trump a été remise à l’Iran par le biais des Émirats arabes unis.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a réitéré dimanche que son pays s’opposait à des négociations directes avec les États-Unis sous la menace. Mais Téhéran est disposé à échanger avec Washington indirectement, a-t-il précisé dans une vidéo diffusée par la télévision d’État. [AFP]